Campagne STOP DUBLIN et rassemblement du 25 mai 2019

Le Réseau Amy participe à la campagne STOP DUBLIN. Pour mémoire, le règlement Dublin est un système qui prévoit (entre autres) que le pays d’entrée en Europe d’un migrant est le pays responsable de sa demande d’asile.

La campagne STOP DUBLIN demande que le règlement Dublin III soit abrogé, considère qu’il faut sortir de cette politique inhumaine, absurde, inefficace et coûteuse, et exige que le demandeur d’asile puisse avoir le choix du pays où déposer sa demande.

Le Réseau appelle tous ses membres à se retrouver le samedi 25 mai 2019, veille des élections européennes, pour manifester à Paris de La Chapelle à République (lieu précis de rendez-vous disponible sur simple demande par mail à contact@reseau-amy.org)

Retrouver l’événement sur FaceBook
https://www.facebook.com/events/365106404214755/

et les trois tracts à partager et distribuer

STOP DUBLIN Campaign est une initiative européenne de citoyens solidaires engagés quotidiennement auprès des demandeurs d’asile, portée en France par la Coordination Française du Droit d’Asile – CFDA, le Collectif pour une Nation Refuge – CNR, et les Etats Généraux des Migrations -EGM.

Toutes les infos sur http://www.stopdublin.eu/

Lancement d’une grande campagne pour la régularisation et l’égalité des droits – 3 avril 2019

Rendez-vous à Paris, Place de la Madeleine
Mercredi 3 avril 2019 à 18h00

Nous, Collectifs de Sans-papiers et MigrantEs, Syndicats, et Associations, appelons à démarrer une grande campagne pour réclamer la régularisation de tous et toutes les sans-papiers et l’égalité des droits par des rassemblements dans tout le pays devant les préfectures et le ministère de l’Intérieur en Île-de-France à 18 h.

Dans un contexte de montée des nationalismes, des racismes et des fascismes partout en Europe et dans le monde ;

Alors que des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants sont mortEs et meurent encore sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques antimigratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices ;

Seule la liberté de circulation, la fermeture des centres de rétention, la régularisation de toutes et tous les sans-papiers et l’égalité des droits nous permettront d’en finir avec ces mortEs.

Nous nous rassemblerons partout en France le 3 avril pour lancer une grande campagne nationale afin d’obtenir la régularisation de tous et toutes les sans-papiers et l’égalité des droits.

Seules la régularisation de toutes et tous les sans-papiers et l’égalité des droits nous permettront de mettre fin à la concurrence entre travailleurs et travailleuses organisée par le grand patronat.

Paris : place de la Madeleine (métro)

C’est la précarisation générale, la remise en cause des acquis sociaux par les politiques d’austérité menées par nos gouvernants qui nourrissent les sentiments de mal-être et de repli sur soi dans la population. C’est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure et égalitaire.

Collectif :

CESP Paris1, CISPM, CSP 17-St Just, CSP59, CSP75, CSP92, CSP93, CSP95, CSP de Livry Gargan, CSP Paris 20, Collectif Schaeffer Aubervilliers, CTSP Vitry, Droits Devant !!, Intégration 21,CGT, CNT, CNT-SO, Emancipation tendance intersyndicale, FSU, SAF, Syndicat de la Magistrature, Syndicat de la Médecine Générale, UEKF, UNEF, Union syndicale Solidaires, 100 pour 1 Vienne, Accueil de merde, Accueil des réfugiés dans le Cap, Act For Ref, ActUp-Paris, AC !, Ah Bienvenus Clandestins !, Alternatives et Autogestion 06, AIDES, Artisans du monde 06, Asil accueil 88, Assemblée des blessé-e-s, Association Bread and Roses, Association «Chemins Pluriels», ACORT, ACTIT, Association collégiale l’Aubière (35), ADN, ADTF, AFAPREDESA, AFD International, AFJD, AID, ALIFSI, AMDH-Paris /IDF, AMF, AIDDA, Association Jarez Solidarités, Association Kolone, Anafé, Amnesty international Nimes, Association Pour la Paix en Syrie, APICED, ASEFRR, ASIAD, Association Stop Précarité, ATF, ATMF, ATTAC, Association Unjourlapaix, Auber sans la peur, Autremonde, Bagagérue, BAAM, CMCAS Pays de Savoie, Centre d’Information Inter-Peuples, CRID, Cercle de silence d’Hazebrouck, Cercle Louis Guilloux, CIMADE, Citoyens solidaires 06, Collectif 20eme Solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s, Collectif Accueil Migrants Valfleury, CAPJPO-EuroPalestine, Collectif aide aux réfugiés d’Epone et alentours, Collectif 3 C, Collectif Chabatz d’Entrar, Collectif citoyen Bevera, Collectif Faty Koumba, Collectif Fontenay diversité, Collectif inter-associatif du Livre Noir de St Denis, Collectif Justice & Libertés 67, Collectif Justice et Vérité pour Babacar, CIVCR 94, Collectif JUJIE, Collectif Les Voisins Solidaires de Versailles, Collectif Loire « Pour que personne ne dorme à la rue », Collectif migrants 44, Collectif Migrants 47, Collectif Migrants 83, Collectif Migrants Isère, Collectif migrants bienvenue 34, Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère, CNR, Collectif Outils du soin, Collectif poitevin « D’ailleurs Nous Sommes d’Ici », Collectif pour l’avenir des foyers, Collectif pour l’égalité des droits-rive droite 33, Collectif réfugiés du Vaucluse, Collectif respect des droits des étrangers – solidarité migrants Pau, Collectif Romeurope du Val Maubuée, Collectif Rosa Parks, Collectif Sarthois «Pour une Terre plus Humaine», Collectif Solidarité Migrant-es Paris Centre, Collectif Sorbonne Sans Frontières, Collectif de soutien aux migrants de Bégard, Collectif de soutien migrants Nantes, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es, Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor, Collectif Urgence Welcome de Mulhouse, Collectif Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Collectif Vigilance pour les Droits des Etrangers 12ème, Comité d’Accueil 72, Comité Adama, CADTM, CCFD -Terre solidaire 93, CDKF, Comegas, Comité de Soutien aux Migrants du Goelo, CRLDHT, Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants, D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 67, DTC, Des Lits Solidaires du Havre, DIEM25, DAL, DIEL, Ecole THOT, Éducation.World 86, EGM 58, EGM de Blois, Emmaüs International, Emmaüs France, FASTI, FCPE Nice, FEP, FETAF, FTCR, Femmes en Lutte 93, Flandre Terre Solidaire, Fondation Frantz Fanon, Football Club Phenix de Versailles, FAL, Fraternité Douarnenez, FUIQP, Grèce France Résistance, GISTI, Habitat et Citoyenneté, ICARE 05, Identité plurielle, Infléchir, IPAM-Cedetim, La Boussole 02, La cabane juridique, LCD, L’Auberge des Migrants, Le Mouvement de la Paix, Le paria, LDH, Maghrébines sans frontières, MAN, MDS, MDDM, MRAP, Mouvement Utopia, Organisation de Femmes Egalité, Paris d’Exil, Planning familial 06, Planning familial de Paris, Réseau AMY, Réseau Chrétien-Immigrés, RESF, REMCC, RESOME, Réseau Euromed France, Réseau européen pour une santé mentale démocratique, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Réseau IDD, Réseau RITIMO, RUSF Paris1, RUSF Paris 8, Romans International, Roya citoyenne, SOS Racisme de la Vienne, Survie, Système B, TADAMOON, Terre des Hommes France, Tous Citoyens !, Tous Migrants, TPC Maison Solidaire, Tunisia Woman, Unaterra74, UJFP, United Migrants, UNRPA Paris, UTAC, Un Toit C’est Tout, Utopia56, Vallées solidaires 06, Vies Volées, Voix des Migrants, Welcome Poitiers, WISE, Yvelines Entraide, ZSP18, Instants Vidéo Numériques et Poétiques, Revue A, Revue Vacarme AL, CGA, Ecologie Sociale, Ensemble, EELV, FA, Génération.s, Livret antiraciste de la FI, Mouvement ECOLO, NPA, PCF, PCOF, PG, PIR, Réfugiés-Migrants FI 35, SKB, Unité Populaire Paris, UPC-MANIDEM,

Grande maraude solidaire

Tous solidaires ! Tous maraudeurs ! En soutien aux exilés !

Appel à une grande maraude solidaire
le vendredi 15 mars 2019 à 18h à Montgenèvre (Hautes-Alpes)

Alors que les politiques migratoires des États européens ne cessent de se durcir, que les contrôles aux frontières sont de plus en plus répressifs, les personnes migrantes sont amenées à prendre davantage de risques en montagne. Des femmes, des hommes et parfois des enfants traversent la frontière par des sentiers enneigés, de nuit, en altitude, par des températures négatives, sans matériel adéquat.
Dans le même temps, des citoyennes et citoyens solidaires qui cherchent à leur venir en aide, les « maraudeurs » des vallées alpines sont de plus en plus inquiétés, inculpés et même condamnés en justice.

Malgré les alertes des associations lancées aux autorités locale et nationale, malgré les blessures, les gelures et les morts (le dernier décès d’un jeune exilé près de Briançon date du 6 février dernier), la situation n’a cessé de s’aggraver dans la région de Briançon (Hautes-Alpes).

Face à cette situation qui peut être qualifiée de mise en danger délibérée, le mouvement citoyen Tous Migrants soutenu par les associations Amnesty International France, La Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières et le Secours Catholique organise une grande maraude solidaire avec plusieurs acteurs locaux,

le vendredi 15 mars 2019
à partir de 18h à la frontière franco-italienne, à Montgenèvre.

Les maraudes ne doivent pas être inquiétées !

Venez montrer votre solidarité en participant à la maraude :

  • 18h Rassemblement devant l’Ecole du Ski Français (ESF). Prise de parole des associations.
  • 19h Maraudes en groupes (s’équiper de vêtements chauds et lampes frontales, apporter si possible bonnets, gants ou chaussettes chaudes à donner, thermos de thé bienvenus).
  • 20h Déambulation en fanfare. Dénonciation des violences policières.
  • 20h30 Soupe partagée (prix libre). Témoignages d’exilés et de maraudeurs.
  • 21h15 Clôture aux flambeaux. Reprise des maraudes en autonomie…

PLUS D’INFOS http://www.tousmigrants.org

EGM – Cahiers des faits inacceptables et des alternatives

https://eg-migrations.org/Le-cahier-des-faits-inacceptable-et-le-cahier

Le cahier des faits inacceptables et le cahier des alternatives sont deux documents produits à partir des 106 cahiers de doléances rédigés par les Assemblées Locales des États Généraux des Migrations au printemps 2018 dont le Réseau Amy. Ils synthétisent des faits inacceptables identifiés dans plus de 70 départements, ainsi que des alternatives aux politiques actuelles – plusieurs sont déjà mises en œuvre – élaborées par les 1 500 collectifs et associations locales qui ont participé à cette consultation. Ils dressent un état des lieux sans concession de la persécution systémique des exilé·e·s en Europe et sur le territoire français, tout en faisant la preuve que des politiques publiques alternatives existent, appuyées par des dizaines de milliers de citoyen·ne·s.


Les documents sont consultables sur le site des EGM : https://eg-migrations.org/Le-cahier-des-faits-inacceptable-et-le-cahier ou en direct ici :

https://eg-migrations.org/IMG/pdf/egm_cahier-inacceptables_a4_digital.pdf

https://eg-migrations.org/IMG/pdf/egm_cahier-alternatives_a4_digital_light.pdf

Ces cahiers viennent d’être édités et imprimés sous forme d’un fascicule format A4.

Cet outil, imprimé à 2 000 exemplaires, est mis à disposition des Assemblées locales et des organisations nationales des Etats Généraux des Migrations.

Le groupe de facilitation des Etats Généraux des Migrations a décidé de favoriser la diffusion de ces documents en prenant en charge l’impression et l’envoi des documents sur le budget des Etats Généraux des Migrations.

Attention, pour une première vague de répartition équitable du stock , la date limite de commande est fixée au 3 mars  2018.

Voici le lien pour la commande : https://framaforms.org/commande-des-cahiers-des-faits-inacceptables-et-des-alternatives-1550681610

Nous voulons une Europe accueillante et hospitalière !

L’Anafé est partenaire de l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour une #EuropeAccueillante

Nous voulons une Europe accueillante et hospitalière !

Juncker et d’autres dirigeants nous ont assuré que nous ne serons pas une forteresse alors que les politiques européennes migratoires prennent justement ce chemin. Aujourd’hui, à l’approche de la journée internationale des migrants, nous appelons les citoyens à demander de nouvelles politiques migratoires et positions européennes en signant l’Initiative pour une  #EuropeAccueillante. Cette Initiative Citoyenne Européenne est la première sur les migrations et est supportée par plus de 200 organisations de la société civile partout en Europe.

Signez pour une #EuropeAccueillante

https://weareawelcomingeurope.eu/fr/

Cette Initiative offre des solutions réalistes et réalisables dont l’Europe a besoin pour faire face aux enjeux migratoires tout en respectant les droits humains. En signant vous demandez à la Commission Européenne de :

1. Mettre fin au délit de solidarité partout en Europe

Dans de nombreux pays comme la Hongrie, l’Italie, la France, la Grèce, les gouvernements nationaux mettent la pression et répriment les volontaires et les ONGs qui aident les réfugiés.

Nul de doit être puni car il a protégé ceux dans le besoin

2. Permettre aux migrants victimes d’exploitation au travail et de violences de se défendre.

Nous avons tous entendus d’horribles histoires de migrants battus et intimidés sur la route, les personnes qui osent témoigner sont minoritaires. Même à l’intérieur de la forteresse, les migrants restent vulnérables, notamment sur le marché du travail.


Des mécanismes de plainte et des politiques de sécurité permettant aux victimes d’accéder à la justice.

3. Rendre les Fonds Asile Migration & Intégration accessibles en ligne directe aux ONGs, OSCs et autorités locales.

Aujourd’hui, le Fond n’est accessible que via les gouvernements mais nombre d’entre eux entravent ou ne facilitent pas leur utilisation. Les groupes souhaitant faire preuve de solidarité doivent être soutenus, l’argent public doit être public.

La solidarité doit être soutenue et encouragée.

Demandez ces changements pour une #EuropeAccueillante

Si un million de citoyens européens signent l’Initiative avant le 14 Février 2019, le Parlement Européen organisera un débat lors de la plénière à Strasbourg et la Commission Européenne sera obligé de répondre à nos propositions législatives.

VOUS pouvez faire la différence, signez ICI.

Si vous soutenez les objectifs de l’Initiative, partagez ces informations avec vos amis, collègues et votre réseau professionnel. Ensemble, nous pouvons demandez une #EuropeAccueillante

SIGNEZ LA PÉTITION

https://weareawelcomingeurope.eu/fr/

Action collective pour la fin définitive de la criminalisation des solidaires

Le Réseau Amy a signé l’appel à mettre fin définitivement à la criminalisation des solidaires.

Nous rappelons à nouveau que les maraudes permettent de sauver des vies mises en danger par des politiques migratoires répressives et meurtrières pour des exilé·e·s. Par ailleurs, et à l’image de la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans sa recommandation n°12, nous réitérons notre appel à mettre fin définitivement à la criminalisation des solidaires.

Lire https://www.bastamag.net/Des-personnes-interpellees-par-la-police-pour-avoir-secouru-des-exiles-en

Retrouvez tous les signataires dont le Réseau Amy sur la page de l’anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) :

http://www.anafe.org/spip.php?article512

18 décembre 2018 – Journée internationale des MigrantEs à Paris

Plusieurs membres du Réseau Amy étaient à la manifestation du 18 décembre 2018 organisée place de la République à Paris dans le cadre de la journée internationale des Migrant.e.s.

Cette manifestation faisait écho aux autres manifestations organisées au même moment dans près de 60 villes sur tout le territoire français.

À Paris, l’AFP (voir la vidéo ci-dessous), un des rares médias présent, évoque 2 000 personnes, d’autres sources parlent de 10 000.

Ce qui est sûr, c’est que c’était la plus importante des manifestations organisées en faveur des droits des sans-papiers depuis bien longtemps. Un beau mélange de citoyens, militants et beaucoup de camarades sans-papiers, le tout dans une bonne ambiance, avec tambours et slogans (“liberté”, “la rétention, on en a marre”, “des papiers”…) très encadrés par les forces de l’ordre, qui ont défilés entre la place de la République et la gare de l’Est.

Retrouvez des compte-rendus plus complets :

https://paris-luttes.info/journee-internationale-des-11350
http://www.cnt-f.org/fte/2018/12/19/des-migrants-occupent-un-batiment-de-paris-8/

La vidéo de l’AFP

Devoir d’alerte – Une lettre envoyée à l’OFII

En copie à la presse rédigée par Irena Havlicek, bénévole de l’association Scarabée.
32 rue Etienne-Dolet, 92240 Malakoff

au président du Conseil d’administration de l’OFII, avec copie à l’ensemble des membres du Conseil d’administration. Parce que ce n’est plus possible. Comment un organisme PUBLIC (sensé défendre l’état de droit, l’intérêt général, bla-bla…) peut-il prononcer, tous les jours, des refus de CMA (conditions matérielles d’accueil) en totale illégalité ?

Objet : DEVOIR D’ALERTE !

A Monsieur Rémy SCHWARTZ
Président du Conseil d’administration de l’Ofii

copie à l’ensemble des membres
du Conseil d’administration
à Malakoff, le 12 décembre 2018

Monsieur

C’est en tant que simple citoyenne, membre d’une association de solidarité avec les réfugié-e-s et les exilé-e-s que je me permets de m’adresser à vous.

Comme de très nombreux citoyennes et citoyens français, je suis accablée tous les jours par la situation des personnes qui viennent chercher refuge chez nous et qui se retrouvent dans des conditions indignes et inhumaines, ici, en France… et notamment sur les trottoirs de Paris. Des personnes qui demandent l’asile dans la « Patrie des droits de l’Homme » et qui, après avoir fui la violence et la guerre, après avoir souvent traversé l’enfer, découvrent au moment où ils pensaient atteindre enfin le bout du tunnel, que ce n’était pas fini…

Je ne doute pas un seul instant des difficultés auxquelles doit faire face l’Ofii.

Toutefois, je m’interroge.

En tant que bénévoles, nous accompagnons autant que faire se peut, les demandeurs d’asile dans leurs démarches quotidiennes, parce que, grâce aux cours de français que nous dispensons gratuitement à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin (plus de 30 cours hebdomadaires !) nous disposons aujourd’hui de l’aide de nos élèves qui peuvent nous servir d’interprète.

Avec certains services de l’Ofii, nous parvenions ainsi à débrouiller des dossiers compliqués, notamment parce que nos interlocuteurs avaient bien compris qu nous avions la possibilité (qu’ils n’ont pas) de prendre le temps d’expliquer la situation aux personnes concernées. Vous n’êtes pas sans savoir que le stress dans lequel vivent les demandeurs d’asile et la complexité des règles administratives françaises nécessitent de la patience. Expliquer les règles, nous semble-t-il, c’est la moindre des choses. Même s’il faut s’y reprendre à plusieurs fois.

Depuis plusieurs mois, nos efforts restent vains. La plupart des services de l’Ofii refusent désormais que nos bénévoles accompagnent les demandeurs d’asile. Donc nous faisons des lettres, le plus souvent sans réponse. Il arrive encore, heureusement (plutôt en province…) que des salariés de l’Ofii nous passent un coup de fil pour demander un complément d’information ou pour expliquer une situation. Et, le plus souvent, dans ce cas-là, on arrive à une solution.

Mais il y a aussi des coups de fil plus curieux. La semaine dernière, alors que j’avais envoyé un jeune homme à l’Ofii pour expliquer que, après une période de « dublinage » compliquée et un passage en procédure normale par la préfecture (il a déposé sa demande d’asile à l’Ofpra), il avait le droit à une reprise des ses conditions matérielles d’accueil, un salarié a pris le temps de me téléphoner pour m’expliquer qu’il fallait arrêter d’envoyer des lettres parce que, depuis le
1er octobre, la loi avait changé et que ce monsieur n’avait aucun droit.

Comme je ne suis pas juriste, j’ai poliment remercié mon interlocuteur. Mais comme je suis curieuse de nature, j’ai cherché à vérifier. Auprès des professionnels. Et là, surprise, les affirmations de ce salarié de l’Ofii étaient totalement mensongères. Il n’y a pas de nouvelle loi sur les conditions matérielles d’accueil entant en vigueur au 1er octobre. Rien.

Je suis indignée.

Comment l’Offi, un organisme public, censé par nature appliquer le loi et défendre l’intérêt général, peut-il laisser ses salariés diffuser de fausses informations pour décourager les demandeurs d’asile à accéder à leur droits ?

S’agit-il de faire des économies ? Là, hélas, c’est ma question optimiste…

Ou alors (pitié, dites-moi que ce n’est pas ça…), cherche-t-on à prouver à toutes celles et ceux qui viennent chercher refuge chez nous que l’accueil en France est tellement indigne qu’ils feraient mieux d’aller voir ailleurs ? Dans un fol espoir que c’est la meilleure façon de décourager les gens à quitter leur pays, leur famille, leur existence (posture aussi ignoble que stupide… aucune mer meurtrière, aucun mur réputé infranchissable, aucun fonctionnaire méprisant n’arrivera jamais à stopper le désespoir) ?

J’ai beau réfléchir, je n’arrive pas à comprendre.
Que se passe-t-il exactement ?

Tout le monde le sait, le nombre de personnes à la rue s’accroît de jour en jour. La situation est explosive. Pas besoin d’attendre l’arrivée du gel et le déclenchement d’un énième Plan grand froid et ses hébergements d’urgence au rabais. Il y aura encore des morts.

Et je ne parle même pas des malades, puisqu’on est en train de fabriquer sciemment des centaines, des milliers de malades. Ceux que l’absence de soins fait basculer d’une maladie simple à une affection grave. Ceux qui l’on laisse s’enfoncer dans des troubles psychiatriques majeurs (pas besoin de décrire, en amateur, les effets de l’état de stress post-traumatique associé à une maltraitance administrative, il y a suffisamment de publications sérieuses sur la question…). Ceux qu’on maintient pendant des mois à cause de l’ignoble procédure Dublin, dans l’angoisse d’une déportation. Ceux qu’on laisse se débrouiller avec leur tuberculose. Ou dont on nie la nécessité des soins avec le VIH.

Je ne suis qu’une citoyenne lambda. Je n’ai aucun pouvoir, sinon celui de lancer l’alerte.

Si je m’adresse à vous, c’est parce que je suis encore suffisamment optimiste pour penser qu’il ne s’agit pas d’une politique délibérée, orchestrée par les administrateurs le l’Ofii.

Et que, même si ces derniers dorment toutes les nuits, tout comme leur famille, dans un vrai lit, avec des sanitaires accessibles et même un chauffage, ils sont capables d’admettre que la place d’un nourrisson, d’un femme enceinte, d’un jeune homme malade, d’une personne âgée, d’une toute jeune fille vulnérable ou d’un gars en fauteuil roulant n’est pas à la rue. Et là, je ne parle que des situations les plus poignantes, parce que, de toutes façon, selon la loi, il ne devrait y avoir aucun demandeur d’asile à la rue.

Je ne suis qu’une citoyenne lambda. C’est probablement pour cela que je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe. A quoi joue l’Etat français ? A quel jeu joue l’Ofii ?

Tout ce que je sais, c’est que c’est un jeu éminemment dangereux.

Non seulement parce qu’il consiste à nier l’état de droit, qu’il s’agisse de la législation française ou des conventions internationales que la France a pourtant signé. Mais aussi parce qu’il consiste à nier la notion même d’humanité.

Un jour, il faudra expliquer à nos enfants et à nos petits-enfants comment nous avons pu laisser faire cela. Et ce ne sera pas facile. Ni pour les citoyens lambda, ni pour ceux dont la responsabilité était d’organiser un accueil digne des demandeurs d’asile.

Moi, je n’ai pas envie d’attendre de moment-là. En tout cas pas sans avoir tenté d’arrêter ce mécanisme odieux.

Je suis fatiguée de quémander des couvertures et des duvets aux amis, aux voisins, aux personnes bienveillantes qui tentent d’aider. Je suis désespérée de dire, plusieurs fois par jour que non, je suis désolée (sorry, j’ai honte, I’m ashamed) n’ai pas de solution, tout ce que je peux faire, c’est vous donner une couverture de survie.

Il y a plus d’un millier de personnes qui dorment dehors, rien qu’à Paris. La semaine dernière, on a dû chercher en catastrophe un hébergement solidaire pour une jeune femme très vulnérable, demandeuse d’asile en procédure normale qui dormait sur le trottoir depuis… un mois et demi ! Grâce à la mairie de Malakoff, on a mis à l’abri provisoirement une famille syrienne de 9 personnes, avec un bébé de moins de deux ans, à qui l’Offi, depuis un mois, ne propose toujours rien. RIEN !

Je suis fatiguée des paroles en l’air (genre « Plus personne à la rue »… je ne sais même plus de quand ça date…). Mais pas de la fatigue qui fait baisser le bras.

Je lance une alerte. Parce que cela ne peut pas continuer comme ça.

Vous êtes à la tête du Conseil d’administration de l’Ofii. Le seul opérateur de l’Etat en charge de l’intégration des migrants durant les cinq premières années de leur séjour en France. Vous ne pouvez pas vous affranchir ni d’une vision humanitaire, ni d’une vision politique des conséquences de cette faillite collective de l’accueil. C’est bien pour cela que je m’adresse à vous.

Les idées pour sortir de cette impasse, nous, les citoyens lambda qui refusent d’abandonner leur droit à se comporter en êtres humains, nous en avons plein… Des bricoleges, on en improvise tous les jours. Là, on a fait les comptes. Notre petite association locale, dont vous n’avez probablement jamais entenud parler, a assuré plus de 5 000 nuitéees d’hébergement soldaire cette année (qui n’est pas finie). On ne peut faire guère mieux. Mais ce n’est pas à nous de trouver des solutions. C’est votre travail.

Toutefois, si, en attendant une solution digne pour tout le monde, vous voulez rejoindre les rangs des hébergeurs solidaires, vous êtes le bienvenu. On cherche tous les soirs des chambres, des lits, des canapés disponibles… On a même des matelas gonflables, pour ceux qui n’ont qu’une petite place dans un couloir. Parce que dehors, il fait froid. Et que la rue, c’est dangereux. Je n’ai pas besoin de vous l’expliquer.

Je vous suis reconnaissante d’avance de l’attention que vous vous voudrez bien accorder à ce courrier. Et surtout des suites que vous voudrez bien y apporter.

Avec mes salutations respectueuses

Conférence de presse Manifestations sur toute la France le 18 décembre 2018

A l’appel de près de 250 organisations, nationales et locales, des manifestations auront lieu dans toute la France le mercredi 18 décembre à 18H pour revendiquer la liberté et l’égalité des droits à l’occasion de la Journée internationale des migrants.

Ces manifestations se tiendront à un moment particulier. En pleine polémique sur le pacte de Marrakech ces manifestations seront aussi l’occasion de montrer que les révoltes actuelles contre le gouvernement doivent se démarquer aussi de toute tentation nationaliste et raciste.

Ces manifestations pourraient marquer un tournant pour le mouvement de solidarité. Pour la première fois l’appel rassemble un front très large de collectifs de sans-papiers, syndicats (CGT, CNT, FSU, Solidaires, SM, SAF, SMG…), collectifs de solidarité sur tout le territoire, associations. Il réunit la Marche des solidarités, les Etats Généraux des Migrations, la Roya citoyenne, le RESF, le comité Adama et le collectif Rosa Parks.

Pour vous présenter cet événement, ses revendications et l’état de la mobilisation nous vous invitons à une conférence de presse qui se tiendra le mercredi 12 décembre à 11H à la salle Hénaff de la Bourse du travail de Paris (29 Bd du Temple 75011 Paris) en présence des représentantEs des signataires.