De l’Afghanistan à la France

Seule l’envie de vivre peut motiver ce type de parcours…

Bonjour, je m’appelle M…….., j’ai 24 ans, Je suis Afghan. Quand j’étais en Afghanistan, j’avais tout, j’avais une voiture, une maison et surtout le bien-être, très important car j’étais chez mes parents. La seule chose qui me manquait c’était la sécurité.

C’est pour cette raison que j’ai quitté mon pays en mai/juin 2015 avec 4 500 dollars en poche. Je savais que le voyage allait être très difficile mais c’était vital pour moi. Je devais trouver un lieu sûr. En partant, je n’avais pas d’idée précise sur le pays où j’allais aller.

J’ai parlé avec un passeur pour qu’il m’aide à aller en Turquie. J’ai dû payer 1 300 dollars. Nous sommes partis d’Afghanistan à bord d’une jeep. Nous étions 38 dans la remorque, le voyage a duré 5 jours. Nous sommes passés par le Pakistan et l’Iran.

Une fois arrivés en Iran, je suis allé dans une voiture Peugeot où nous étions une quinzaine de personnes. J’ai mis 3 jours pour rejoindre l’Iran alternant la marche et les trajets à moto.

Entre l’Iran et la Turquie, j’ai traversé les montagnes et les marécages durant 2 jours sans boire ni manger, c’était très difficile. J’ai vu une scène tragique que je n’oublierai jamais ; sur le chemin, j’ai vu 2 personnes mortes.

Arrivé en Turquie, je suis resté un jour dans une ville frontalière (Van) où j’ai pu dormir dans une maison avec d’autres migrants en échange de 10 dollars. J’ai appris que la Turquie ne donnait pas de papiers aux migrants. J’ai alors décidé d’aller en Europe.

J’ai donc pris le bus pour rejoindre Istanbul, où je suis resté 9 jours dans un appartement de migrants. J’ai trouvé une personne qui avait un bateau pour passer en Grèce. Je lui ai donné 1 500 dollars. Nous étions une quarantaine de personnes sur le bateau. Après deux heures de traversée, nous avons été secourus par un bateau Grec qui nous a déposés à Mytilène. Arrivé en Grèce, j’ai obtenu un document qui me permettait de rester un mois dans le pays. J’ai acheté un billet de ferry pour rejoindre Athènes.

J’y suis resté 10 jours. Après j’ai pris le bus pour rejoindre la Macédoine et le train pour rejoindre la Serbie. Je suis resté 10 jours dans les forêts, pour traverser la Hongrie. Ce n’est qu’en arrivant en Hongrie que j’ai découvert  la brutalité de la police, jusqu’ici je n’avais vu personne subir de violences.

Arrivé en Allemagne, j’ai pris un bateau pour rejoindre le Danemark.

De là, j’ai pris le train pour rejoindre la Suède puis j’ai pris le bus pour la Norvège. Car en Suède, il y avait déjà beaucoup de migrants et les possibilités de régularisation étaient faibles.

Je suis arrivé en Norvège le 3 août 2015. J’ai remarqué qu’il n’y avait pas beaucoup d’étrangers alors j’ai tenté ma chance. J’ai fait ma demande d’asile, avec 3 autres personnes. J’ai d’abord été hébergé à l’hôtel pendant 4 mois puis j’ai partagé une maison avec 8 autres personnes.

Presqu’un an et deux mois après mon arrivée, j’ai eu une réponse négative. Pour éviter d’être renvoyé en Afghanistan, j’ai quitté la Norvège en 19 octobre 2016.

J’ai pris un train pour rejoindre la Suède puis un autre pour l’Allemagne. De là, j’ai pris un train pour la ville Mannhein, puis j’ai pris un bus pour rejoindre Paris. Le bus m’a déposé le 23 octobre 2016.

J’essayais de demander aux passants où je pouvais aller pour rejoindre les autres migrants, mais je ne parlais pas français et peu de personnes parlaient anglais. Je suis resté dix heures à la station de bus le temps de créditer mon téléphone pour appeler un ami et le rejoindre. Mon ami m’a acheté une tente et m’a conseillé d’aller à Jaurès. J’y suis resté 17 jours avant d’être orienté au gymnase de La Verrière puis au centre de Mézy sur Seine, où je suis arrivé le 19 novembre 2016. Il faisait très froid et le centre est loin de la ville.

Aujourd’hui je suis déclaré《 en fuite 》par le gouvernement français car je n’ai pas voulu être transféré en Norvège. Si je décide de rester en France, il faut que j’attende 18 mois avant de pouvoir refaire une demande d’asile.

Peut-être que j’essaierai d’aller dans un autre pays avant …